C’est l’histoire d’un mec.

Un docteur camerounais qui décide de soigner son peuple, de fournir gratuitement consultations médicales, médicaments et opérations. Tout cela, sans argent public, pas le simple bénévolat. C’est l’histoire d’une association, Ascovime, qui réunit aujourd’hui plusieurs volontairres.

C’est l’histoire d’un mec, né le 13 septembre 1971 dans le quartier d’Akwa à Douala, un mec solide, souriant et aimant particulièrement la vie quand elle est fête. C’est l’histoire d’un citoyen qui en a eu marre d’attendre que l’Etat résolve tous les problèmes de son pays. C’est l’histoire d’un jeune diplômé en médecine de Yaoundé qui a décidé un jour d’être utile sans tarder et de lutter lui-même contre quelques-uns des maux de son pays, à commencer par la fatalité et le découragement.

S’il a décidé tout seul de tenter de faire la différence, cette idée ne lui est pas venue sans personne et il ne la réalisera pas isolé.

Voici son histoire

Après son bac, ce fils d’un douanier et d’une mère au foyer part à Yaoundé  poursuivre de très sélectives études de médecine dans le meilleur hôpital du pays. Après sept années d’études et un an au service réanimation du CHU de Yaoundé, le jeune médecin Bwelle est affecté dans un village reculé du Sud : Bengbis, au cœur de la splendide forêt tropicale d’Afrique centrale. En digne représentant douala, réputés pour leur sens de la fête et leurs qualités de chanteurs, Georges y travaille d’arrache-pied et soigne à tour de bras, toujours en musique!

Mais les malades sont légion et la pauvreté de la population interdit à beaucoup un coûteux accès aux soins. C’est ainsi que Georges donne naissance à son action bénévole et humanitaire, en repensant au souvenir qu’il garde de son père, cet homme droit tâchant d’aider ses voisins et sa famille avec ce qu’il avait.

La rencontre avec l’association espagnole Zerca y Lejos en 2002 va l’aider à lancer son projet d’hôpital itinérant, avec les moyens du bord, quelques instruments de chirurgie, des médicaments et un peu de temps. Les premières campagnes sont lancées avec une poignée d’hommes, dont son fidèle bras droit, Zengue, qui le suit encore partout aujourd’hui. Cela durera ainsi pendant trois ans. Par la suite, sa spécialisation en chirurgie  va lui permettre de faire plus, techniquement et financièrement. Il peut poursuivre les consultations et distributions de médicaments gratuites, qu’il assume seul financièrement.

Un mouvement qui grandit…

Au milieu des années 2000, son action réunit cinq personnes par campagne, voyageant en 4×4 privé ou en taxi-brousse pour affronter les routes en terre de la forêt camerounaise, ses ponts, ses trous et ses obstacles. Mais toujours dans la bonne humeur ! Il vous raconterait mieux que moi les voyages qui ne pouvaient se faire que de nuit, les routes bien souvent impraticables − quand elles existaient −, les fleuves que l’on ne peut traverser car le passeur n’est plus là, les voitures embourbées pendant des heures, les fous rires dans l’équipe, l’accueil des villageois, les débats, les histoires tristes, les histoires drôles.

Avec le temps et les rencontres, le mouvement grandit, les campagnes en brousse deviennent plus fréquentes et plus importantes. Le nombre de médecins, de médicaments, de jours passés dans les villages augmentent et avec eux, le nombre de patients pris en charge et l’espoir redonné à ces oubliés, dans la possibilité qu’ils ont de s’élever par la volonté.

Les équipes de Georges soignent une large majorité de mères et d’enfants. Ils ne négligent pas pour autant l’importance de soigner les pères, en particulier de quelques maladies “honteuses” dans les villages ou de celles, comme les hernies, handicapantes pour le travail. Cela revient en effet bien souvent à permettre aux enfants du patient de ne pas avoir à remplacer leurs parents aux champs et donc de retrouver les “bancs” de l’école, clé de leur avenir.

Et Ascovime fut

C’est en 2006, avant de partir poursuivre une formation en Belgique, que Georges fonde formellement une association. Elle a désormais une existence légale en 2008 et s’appellera Ascovime pour “Association des compétences pour une vie meilleure”, sa profession de foi en bandoulière !

En 2009, grâce aux premiers dons, Ascovime achète son propre générateur électrique : finie la chirurgie à la lampe torche frontale ! La lumière fut et cela va tout changer, avec en particulier la possibilité d’utiliser des instruments électriques.

Pendant ce temps-là, Georges continue, durant la semaine, de travailler au sein du service de chirurgie viscérale de l’hôpital central de Yaoundé, dirigé par le professeur Masso Missé qui l’a lui-même inspiré et aidé, par ses enseignements professionnels et humains et par la liberté qu’il lui laissera de s’absenter les vendredis pour sillonner les campagnes avec Ascovime. Il multiplie aussi les prestations en cliniques afin de financer la croissance des campagnes en brousse.

Depuis, toute l’année, plus d’un weekend sur deux, une équipe Ascovime de dizaines de bénévoles médicaux et civils partent à la rencontre de villageois confinés aux quatre coins du Cameroun.

Jusqu’à nos jours, Ascovime a visité plus de 150 villages du Cameroun, soigné gratuitement plus de 45.000 personnes et déparasité plus de 50 000 personnes dont une large majorité de femmes et d’enfants. Plus de 2 402 personnes ont été opérées et plus 162 circoncisions ont été effectuées sur les enfants, plus de 4 449 consultations ophtalmologiques et 2 159 lunettes optiques distribuées gratuitement, plus de 2 500 consultations dentaires et plus de 2 000 extractions et détartrages gratuites, des centaines de kilos de livres, cahiers, stylos, babouches, dentifrices et brosses à dent ont été offerts aux enfants de nombreuses écoles, dans tout le pays. Et ce, uniquement grâce à des dons individuels. Le vôtre leur est vital.

Le mouvement est désormais international. Probablement que Georges a réussi à incarner cet exemple pour tous ceux qui ont croisé sa route, Camerounais, Maliens, Tchadiens, Nigérians, Français, Américains, Belges, Norvégiens, Allemands ou Espagnols. Il est de ces hommes rares et précieux qui savent tirer le meilleur de tous, avec un sourire et une joie de vivre à toute épreuve, comme lors de cette mission dans l’extrême nord du pays en mars 2011 où il passe 15h debout dans le bus menant les 33 bénévoles sur 1 300 km de pistes, pendant que tout le monde était assis. Mais il manquait une place.

C’est lui qui saigne ses finances personnelles pour rendre possibles les campagnes menacées dans leur tenue lors des périodes de vaches maigres.

Tout cela peut vous sembler ridiculement hagiographique. Je vous invite donc à vérifier sur place vous-même. Des dizaines de bénévoles médicaux et civils partent chaque année. Soyez-en et vous jugerez en action. Georges a ses défauts mais c’est un homme de parole, il est parfois susceptible mais c’est un homme d’action.

Pour nous j’avoue, un héros de nos temps.

L’action de Georges génère quotidiennement une vie, un espoir et une joie incroyables et pas seulement lorsqu’il il enfile son short les weekends pour partir dans les villages. Ascovime est un mouvement qui ne cessera pas. Si Ascovime est né sous l’impulsion d’un homme, Ascovime ne vivra que par la volonté de chacun.

BASENG CAMPAIGN

C’est grâce à cet effort au quotidien, la passion et l’Amour du prochain et surtout l’impact de ces activités sur les populations qui ont attiré les membres du jury de CNN HEROES programme de la célèbre chaîne américaine d’information en continu a nominé ce jeune chirurgien « Top ten cnn heroes 2013 » prix dont il a fait le déplacement aux Etats unis en Novembre 2013 pour le récupérer afin d’honorer l’Afrique en général et le Cameroun en particulier.

 

Quel malheur d’avoir une vie pétrie de richesse aux côtés de ceux à qui il manque le minimum vital. Partageons pour soulager !
Dr. Georges Bwelle
President, Founder ASCOVIME